Quel chanceux possesseur d’un jardin n’a jamais rêvé de pouvoir y créer un bassin ? Pour beaucoup d’entre eux, ce dernier est la touche finale qui viendra parfaire l’harmonie longuement réfléchie, organisée et réalisée par le jardinier peut-être néophyte au début, mais désormais aguerri.

Si celui-ci l’avait envisagé dès l’ébauche de son projet d’aménagement, il aura déjà défini non seulement l’emplacement, mais aussi l’arrivée d’eau et d’électricité, si cela n’est pas le cas, il devra, comme nous allons le voir, gérer ce nouvel aménagement en tenant compte d’un certain nombre de paramètres.

L’ambition de cet article est de vous accompagner au fil des différentes étapes incontournables qui vous mèneront de l’ébauche de votre projet de création jusqu’à sa mise en eau et l’introduction des éléments nécessaires à la viabilité de l’écosystème que vous aller, finalement, concevoir.

Volontairement, nous allons limiter notre démonstration aux bassins que vous pouvez réaliser vous-même, si votre projet est la création d’une étendue d’eau, un étang par exemple, nous vous conseillons de vous rapprocher d’un professionnel qui saura vous accompagner et vous éviter les petites tracasseries administratives inhérentes à ce type de réalisation.

Quelques questions préalables à vous poser avant de chausser vos bottes.

L’emplacement du bassin.

La première question est bien entendu son emplacement. Si votre projet s’inscrit dans un réaménagement d’ensemble de votre jardin, il influera, inévitablement sur la totalité de votre projet. En effet, la viabilité de votre bassin dépend de son environnement immédiat, ombre, soleil, arbres et végétation sont, par exemple, des éléments à prendre en compte. Cette remarque est, également, valable si vous décidez d’implanter un bassin dans un ensemble déjà structuré et équilibré, des choix seront sans doute à faire, des éléments végétaux à déplacer, une tranchée pour amener l’eau pour ne citer qu’eux.

Le bassin doit être visible depuis un maximum d’endroits, mais surtout de votre maison ne serait-ce que pour assurer facilement une surveillance nécessaire si vous avez des enfants.

Nous l’avons un peu abordé, mais évitez de placer votre bassin près d’un arbre à feuilles caduques sinon, en automne, celles-ci viendront salir et modifier la qualité de l’eau. Les racines pourraient aussi poser un problème à la structure même de la construction.

Cette remarque nous amène à la question de l’ensoleillement. Votre petit plan d’eau ne doit ni être trop ensoleillé ni trop à l’ombre. Le soleil est nécessaire pour le développement des plantes aquatiques, mais l’eau ne doit pas trop se réchauffer non plus pour éviter la formation d’algues non désirées. Un ensoleillement de 6 heures par jour semble un bon compromis.

À défaut de bénéficier d’une arrivée d’eau naturelle, votre bassin comme c’est majoritairement le cas, fonctionnera en circuit fermé grâce à une pompe reliée à un système de filtrage d’ou la nécessité de prévoir l’électricité et l’arrivée d’eau à proximité (l’eau s’évaporant, il faudra pouvoir régulièrement compenser).

Sa forme, son style.

En fait, votre bassin doit être en harmonie avec votre jardin qui lui même doit l’être avec votre maison. Si vous préférez, à chaque style de jardin correspond un style de bassin.

On peut limiter notre première réflexion à deux formes possibles de bassin. La première géométrique, généralement carrée ou rectangulaire. Elle correspond parfaitement à des jardins d’inspiration moderne ou à une recherche d’effet miroir pour un jardin à la française par exemple. La seconde peut être de forme aléatoire qui correspondra mieux à des jardins de type anglais ou plus généralement rustique imitant la nature. Nous rangerons dans cette catégorie les bassins d’inspiration japonaise si tel est le style de votre jardin.

Attention ici à ne pas lui donner une forme trop alambiquée et ainsi créer des zones où l’eau ne circulera pas bien.

Où il est aussi question de dimension.

C’est le moment de réfléchir à la dimension que vous souhaitez donner à votre bassin. Celui-ci a-t-il vocation à compléter votre jardin, à lui apporter un élément supplémentaire décoratif ou sera-t-il l’élément central de votre projet plus général d’aménagement de votre espace ?

Dans un cas comme dans l’autre, vous allez devoir respecter certaines règles.

Il est important de savoir que plus votre pièce d’eau sera grande plus l’écosystème sera équilibré et surtout plus le bassin sera facile à entretenir.

C’est en faisant ce choix que vous serez amené à décider si vous allez introduire des poissons ou pas par exemple ou même des plantes aquatiques. Dans l’affirmative, une profondeur minimale de 60 cm sera à prévoir pour limiter le réchauffement de l’eau, il faudra également aménager des paliers à différentes profondeurs en fonction des plantes que vous choisirez d’y placer.

Pour la survie de vos poissons, 80 cm minimum de profondeur leur permettra de passer l’hiver dans de meilleures conditions.

Plantes, poissons, les deux, aucun ?

Si c’est un effet miroir que vous recherchez, vous n’aurez pas besoin de penser à planter ou introduire quoi que ce soit. Par contre, si vous décidez de créer un véritable écosystème avec une faune et une flore adaptées, il faudra y penser, comme nous l’avons abordé précédemment, dès l’initiative de votre projet.

Jet d’eau, cascade, ou pas ?

C’est important d’y réfléchir maintenant, car cela aura des incidences à la fois sur la structure du bassin, mais aussi sur le côté technique du projet.

Maintenant la mise en pratique.

Vous allez pouvoir trouver dans le commerce des bassins préformés en matière plastique carrés, rectangles ou ronds ou avec des formes plus naturelles. Certains sont même équipés de paliers pour y placer les plantes aquatiques. C’est vrai que la plupart sont plutôt de petit format, on les utilisera donc en conséquence.

Pour les projets plus importants, la solution sera d’utiliser une bâche PVC ou EPDM (éthylène, propylène, diène et monomère), ici aucune limite à votre imagination, mais il va falloir chausser les bottes et utiliser l’huile de coude, mais le jeu en vaut la chandelle pour réaliser votre rêve. Vous trouverez sur les sites des fabricants de bâches toutes les informations utiles pour calculer la surface nécessaire suivant la longueur, la largeur et la profondeur de votre bassin.

C’est cette solution que nous allons vous détailler.

Côté pompe, filtre et accessoires, vous trouverez les informations requises en jardinerie, en effet vous la choisirez en fonction du volume d’eau à pomper, à filtrer voire à stériliser (pour éviter l’apparition d’algues indésirables). Vous pourrez en profiter pour sélectionner vos plantes et les poissons si vous avez choisi d’en introduire.

Mais avant d’aller plus loin, il est important de faire un point sur les obligations légales que vous devrez respecter pour mener à bien votre projet.

Du point de vue administratif.

En fonction de la nature de votre plan d’eau, vous aurez à faire une demande de permis de construire ou une simple déclaration de travaux pour en informer vos voisins. Il est à noter que les règles fiscales et de sécurité applicables aux piscines s’appliquent si vous décidez que votre bassin soit également destiné à la baignade ou si sa surface dépasse un hectare (100 m x 100 m ou 10 000m2).

Dans tous les cas, nous vous conseillons de vous rapprocher des services techniques de votre mairie pour connaître les règles locales, les problèmes de voisinage, l’aménagement du territoire, etc.

Il est bon de savoir qu’un cours d’eau qui passe par votre terrain n’est en rien votre propriété, vous aurez à vérifier que votre projet est bien en conformité avec la réglementation en vigueur.

Enfin, même si la réglementation relative à la sécurisation des piscines ne s’applique pas pour les bassins, les risques potentiels ne sont pas à négliger, le minimum est comme nous l’évoquions plus haut, de placer votre bassin en vue directe de la maison.

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Votre bassin étape par étape.

Maintenant que votre projet a pris forme dans votre esprit, il est temps de passer à la réalisation. Les étapes suivantes vous permettront de le mener à bien sans trop de difficultés. Pour vous faciliter le travail, nous vous mettons en gras les différents éléments à prévoir.

Étapes n°1 : Creuser votre bassin.

Pour délimiter votre plan d’eau, nous vous conseillons de le délimiter soit avec une bombe prévue à cet effet soit, tout simplement, avec un tuyau d’arrosage, surtout dans le cadre d’un projet aux formes plus complexes. Vous allez commencer à creuser les contours de votre bassin en suivant le tracé. Il est important de débuter par l’extérieur, cela vous permettra de modeler les paliers successifs où viendront se positionner les plantes aquatiques. Vous terminerez par la zone la plus profonde. Veillez à respecter la profondeur minimum de 60 cm pour assurer aux poissons, si vous avez décidé d’en mettre, une zone hors gel qui sera aussi utile si vous plantez des nénuphars. Réservez la terre sur une bâche non seulement pour ne pas abimer la pelouse, mais aussi, car celle-ci vous servira en partie plus tard.

Il est important de vérifier en permanence l’horizontalité du futur niveau fini du bassin. Vous pouvez utiliser une planche et un niveau à bulle pour cette opération.

Étape n°2 : Positionner la bâche.

Vous devez creuser une petite tranchée tout autour de votre bassin. Cela permettra de maintenir la bâche en place et surtout de l’enterrer apparente, ce ne serait pas très joli quand même. Veillez donc là encore à réserver la terre pour combler la tranchée, cela dit vous en avez un tas déjà dans un coin au cas ou non ?

Avant de positionner la bâche, revérifiez le niveau du bassin, celui des gradins et ôtez les cailloux qui risqueraient d’endommager la bâche. C’est le moment d’épandre 5 cm de sable au fond et sur les différents niveaux. Vous l’avez compris vous devrez en calculer le volume avant de vous lancer, c’est mieux !

Vous allez ensuite positionner des bandes géotextiles (que vous trouverez en jardinerie et dans les magasins de bricolage, c’est une sorte de feutrine en rouleau). Superposez-les sur 30 cm entre chaque bande.

Un conseil, il est préférable de travailler en chaussettes, vous éviterez ainsi de déposer des cailloux qui se logeraient sous vos semelles.

Pour éviter que les bandes géotextiles se déplacent quand vous poserez la bâche, utilisez des pierres ou des piquets que vous prendrez soin évidemment de retirer au fur et à mesure.

Vous pouvez maintenant placer votre bâche, vous aurez pris le soin de l’étaler à plat sur le sol, le soleil la rendra plus souple.

Quelques pierres sur les bords de celle-ci vous aideront à la maintenir solidement.

Étape n°3 : Remplir le bassin et rectifier les bords.

Il est temps pour vous de remplir le bassin. C’est aussi durant cette étape que vous allez installer votre pompe de filtration en circuit fermé. La majorité des pompes sont immergées, l’avantage étant de limiter les risques de désamorçage. Il en existe, pour les bassins de gros volume d’eau à traiter, des externes, il faudra les installer dans un local technique adapté comme pour une piscine, à défaut dans une chambre enterrée. Si vous avez décidé d’installer un jet d’eau ou une cascade, vous trouverez des pompes immergées prévues à cet effet.

Remplir, donc le bassin à moitié en ayant veillé de vérifier son acidité et sa dureté. L’eau va permettre à la bâche d’épouser les formes de votre bassin.

Après avoir réparti les plis de la bâche sur toute la périphérie du plan d’eau en essayant de rendre le tout harmonieux, vous allez devoir attendre quelques jours pour que la masse d’eau comprime le sol.

Vous découperez ensuite la bâche et la feutrine. Attention à laisser suffisamment de la longueur qui sera dissimulée dans la tranchée. Finissez de remplir le bassin et revérifiez, à nouveau le niveau, il faut qu’il soit parfaitement horizontal.

Maintenant à vous de jouer pour finaliser les berges avec des pierres assez lourdes ou des dalles en fonction du style de votre bassin.

Le moment est aussi venu d’installer vos plantes aquatiques. Le spécialiste de votre jardinerie préférée vous l’aura sans doute expliqué, mais il est bon de le rappeler, ici, il faut mettre les plantes dans des paniers ajourés remplis de terre de jardin de préférence argileuse. Recouvrez ensuite la surface avec du gravier pour empêcher la dispersion de particules terreuses dans l’eau. Déposez ensuite les paniers sur les paliers correspondant à chaque espèce. Calez-les avec des galets surtout les plus légères.

Voilà, votre bassin est maintenant installé dans votre jardin qu’il va sublimer. C’est désormais à vous de compléter celui-ci en l’agrémentant d’un éclairage adapté pour que vous puissiez en profiter aussi la nuit, par exemple. Y introduire des carpes Koï, pourquoi pas. Quel que soit son style, vous vous rendrez compte très rapidement si un écosystème équilibré se met en place. Les oiseaux seront les premiers à venir profiter du lieu surtout aux beaux jours, les insectes aussi bien sûr. N’oubliez pas, on reconnaît qu’un bassin est réussi quand il ne demande pratiquement aucun entretien, sauf, en automne ou il faudra retirer les quelques feuilles qui viendront y mourir. Il ne faudrait quand même pas qu’elles viennent à se décomposer dans l’eau en risquant de contrarier son équilibre comme nous l’évoquions plus haut.