Les raisons sont nombreuses qui motivent la décision de concevoir un nouveau jardin. Bien souvent, c’est une décision que l’on prend suite à l’achat d’une nouvelle maison, quand les enfants sont devenus grands et ont quitté le nid ou après un départ à la retraite, par exemple.

Quelle que soit celle-ci, une chose est sûre, c’est le type de décision et de projet qui ne s’improvise pas et avant de vous lancer, il est nécessaire de vous poser quelques questions qui vous permettront de ne pas vous décourager, de mener à bien celui-ci et d’obtenir le résultat espéré.

Bien concevoir son jardin, c’est déjà se poser les bonnes questions.

Comme dans beaucoup de domaines, il ne faut pas avoir les yeux plus gros que le ventre. Un jardin c’est à la fois du temps, mais aussi de l’argent.

La question du temps que vous pourrez consacrer à la fois à votre projet, à sa réalisation et à son entretien n’est pas à mettre de côté. En fonction du style de jardin que vous avez envie de réaliser, le temps que vous devrez y consacrer sera plus ou moins important. Un jardin à la française demande plus de temps pour son entretien qu’un jardin à l’anglaise, par exemple, un jardin contemporain ou d’inspiration méditerranéenne beaucoup moins de temps à aménager et à entretenir qu’un jardin japonais. 

Comme pour choisir une maison ou une voiture, de nombreux paramètres vont permettre d’affiner votre choix à la fois sur le type de jardin, d’équipements, de végétaux et peu à peu du budget qu’il sera nécessaire d’y consacrer.

  • Votre futur jardin sera-t-il uniquement ornemental ou allez-vous créer également un potager ?
  • Aurez-vous l’occasion d’y accueillir les membres de votre famille, vos amis, d’y organiser des déjeuners, des barbecues ?
  • Y prévoyez-vous l’installation d’une piscine, d’un bassin ?
  • Quel temps fait-il en général dans votre région ? L’approvisionnement en eau pose-t-il un problème en été ?
  • Etc.

Pour ne pas partir dans tous les sens, cela quelque soit la surface du terrain qui est à votre disposition, nous vous conseillons de faire, ici, ce que font tous les paysagistes : réaliser le plan de votre futur jardin.

Bien concevoir son jardin, c’est prendre le temps de l’imaginer.

Réaliser le plan de votre jardin est bien moins compliqué que vous pouvez l’imaginer et cela va vous permettre de connaître beaucoup mieux votre terrain, de mieux l’appréhender et d’en avoir une vision non seulement globale, mais aussi sous des angles de vue qui ne se limitent pas à ceux que vous avez habituellement de la terrasse par exemple.

La première chose qui va vous être utile d’avoir c’est un mètre, pour le mesurer, un bloc ou du papier, si vous avez du papier millimétré c’est mieux et des crayons, pour l’imaginer.

Mesurer votre jardin et répertorier l’existant

C’est la première chose à faire et la plus importante. Comme il est impossible d’imaginer acheter une maison sans avoir un plan au millimètre près, il en est de même pour le jardin. L’échelle qui sera retenue ici est au 1/100, c’est-à-dire qu’un mètre est égal à un centimètre reporté sur le papier. Il existe des logiciels pour vous aider, mais entre nous, rien ne vaut la méthode traditionnelle.

Vous devrez répertorier l’existant que vous souhaitez conserver, en place ou à déplacer, les classer par type (arbres, arbustes, vivaces, etc.), indiquer leurs caractéristiques (sol, couleur, floraison, etc.).

Bien analyser son sol

Ne pas analyser la nature de son sol c’est s’exposer à des déconvenues. En effet, chaque végétal s’épanouira d’autant mieux s’il est planté dans le sol qui lui correspond. Une plante qui nécessite un sol acide aura du mal à survivre planté dans une terre basique. Il y a des plantes, qui vous plaisent, qui ne pourront sans doute jamais pousser chez vous. Le sol « idéal » se compose de 65% de sable, 30% d’éléments fins (argile, limon) et 5% d’humus. Son pH doit tourner autour de 7. On ne peut pas changer la totalité de la terre, mais des réajustements sont possibles. Vous pouvez faire analyser votre terre dans votre jardinerie préférée.

Ensoleillement et exposition

Déterminer l’ensoleillement de votre terrain va vous permettre de confirmer ou infirmer l’implantation des zones. Par exemple, on va privilégier les zones ensoleillées pour les espaces de détente, les zones d’ombre aux fleurs, par exemple. On parle souvent de la nécessité du soleil dans la croissance des plantes, en fait, c’est la lumière qui est plus importante. Une plante à l’ombre recevra de façon limitée de la lumière, mais en recevra. C’est cette lumière qui intervient dans le processus de photosynthèse.

Bien connaître l’exposition au vent des zones de votre terrain vous permettra de prévoir des moyens de protection comme une haie, un rideau végétal ou un muret par exemple.

Être créatif, oui, mais tenir compte de quelques règles çà peut être utile !

En préambule, vous devez implanter les végétaux en tenant compte de leur taille adulte ; vous ne pouvez pas imaginer le nombre d’erreurs commises par des apprentis paysagistes ; on cite souvent l’exemple du cèdre qui une fois adulte peut atteindre 10 m de diamètre, c’est-à-dire un cercle de 10 cm sur votre plan, on pourrait aussi citer celui du chêne qui atteindra 18m de haut pour 10 m de diamètre lui aussi.

Pensez aussi à votre jardin pendant toutes les saisons, à des végétaux à feuilles caduques et à feuilles persistantes, à des arbustes à floraisons hivernales, à des graminées, etc.

Dessiner les voies de circulation

Par voie de circulation on entend essentiellement les chemins et les allées. Pour mémoire, compter 3 mètres de large pour le passage d’une voiture, 1,50 m pour un motoculteur et 0,80 m pour voie piétonnière. Évitez, dans un petit jardin avec une profondeur inférieure à 30 m, d’implanter un chemin en « S » car il apparaitra ramassé et surtout incongru.

Prévoir les points d’arrivée d’eau et d’électricité

Ce serait dommage de devoir creuser des tranchées pour mettre en place le système d’arrosage ou d’éclairage une fois planté et finalisé le jardin, non ?

Définir les zones spécifiques de votre jardin

Commencez par positionner le ou les arbres (n’oubliez pas l’exemple précédent du cèdre) les zones de séjour, par exemple l’aire de pique-nique, l’aire de jeux ou l’aire consacrée au potager, les zones de gazon, les éléments à construire comme l’abri de jardin, les murets, les bassins, enchainez ensuite par les bosquets et autres buissons, les fleurs, etc.

Veillez à ne pas surcharger votre plan et donc votre jardin, c’est l’une des plus importantes clés pour la réussite de votre projet.

Une fois votre plan finalisé et avant de débuter les travaux, il va falloir mettre tout ce que vous avez prévu en perspective. En effet, votre plan est en quelque sorte une vue du ciel de votre futur jardin, maintenant, il va falloir l’imaginer en 3D avec comme point de départ votre maison, car c’est elle qu’il est aussi censé mettre en valeur.

Première erreur à ne pas commettre.

La terrasse n’est pas le point unique d’où partent, ou doivent partir, tous les points de fuite, la fenêtre de la cuisine ou la porte-fenêtre d’une chambre peuvent également l’être. Comme il est tout aussi important de vous imaginer dans votre jardin et de contempler votre maison de l’endroit où vous êtes censé vous trouver.

Prendre le temps de tout visualiser et de modifier tout ce qui doit l’être.

Penser en perspective, c’est se mettre dans la peau d’un peintre et donc respecter certaines règles comme implanter des plantes de faibles hauteurs à l’avant privilégiant les éléments végétaux les plus importants pour le fond sans toute fois exagérer non plus et créer sans le vouloir un mur végétal trop présent.

Ne pas oublier que plus le jardin est petit plus le tracé d’aménagement doit être simple. Privilégiez des lignes géométriques claires de préférence obliques. Une ligne droite doit de préférence séparer deux zones de superficie différente, c’est beaucoup plus harmonieux.

Quand il est temps de parler budget

Un jardin coûte cher, voilà c’est dit et ce ne sont pas les passionnés qui vont dire le contraire.

Poser les chiffres permet de prendre des décisions par exemple celle de privilégier une zone d’aménagement plutôt qu’une autre, répartir dans le temps l’achat de certaines plantes ou arbustes, mais aussi renoncer, du moins temporairement, à certains aménagements.

La mise en œuvre de votre jardin

Une fois le plan de votre jardin posé, de nombreuses autres questions vont voir le jour, des questions que vous avez sans doute mises de côté et pour lesquelles il est maintenant temps de répondre.

Pendant la création de votre plan de jardin, vous avez défini des zones, planté, tracé des allées, sans doute prévu un abri de jardin plus ou moins grand en fonction de celui-ci, etc. Avez-vous pensé à implanter un espace de compostage et/ou d’entreposage des déchets verts ? Bien évaluer les besoins engendrés par les futures plantations est aussi une des clés de la réussite de votre projet ?

Vous allez devoir aussi décider de la date de début des travaux. En effet, il est important de garder à l’esprit les deux périodes idéales de plantation, à savoir au printemps et en automne. D’où l’importance de mettre en place un calendrier le plus précis possible sachant que les autres aménagements ne pourront se faire que dans le respect de ces deux périodes.

Maintenant que tout est prêt, il est sans doute temps de parler de votre projet autour de vous. Demander de l’aide auprès de vos amis et/ou pourquoi pas d’un professionnel. On peut vite se décourager surtout quand on a des travaux importants de terrassement à faire par exemple, charrier des brouettées de terre, de gravier, ou de pavés est plus facile à deux. N’hésitez pas à lancer un appel à vos amis avec à la clef un barbecue ça marche toujours ! Un professionnel, lui, pourra vous aider sur le gros œuvre par exemple.

Un dernier conseil pour la route

Ne pas succomber à l’achat coup de cœur, c’est valable à la fois pour les plantes et autres arbustes, mais aussi pour le mobilier de jardin, les objets en tout genre. Ne pas perdre de vue la cohérence que vous avez sans doute eu beaucoup de mal à mettre en place. Un jardin est un équilibre parfois fragile ce serait dommage de le rompre à cause d’une visite dans une jardinerie.

Concevoir son jardin doit rester un plaisir.

Malgré les quelques mises en garde ici et là, réaliser son jardin est passionnant et comme toute passion, elle se doit de rester un plaisir. Le dernier conseil, s’il devait y en avoir un, serait de bâtir un projet qui vous correspond à l’instant « t » où vous le créez. Ensuite, vous verrez que les choses évolueront ? Travailler sur un jardin, c’est travailler sur du vivant. Vous aurez sans doute des coups de mou, pendant ce temps-là, il (le jardin) reprendra ses aises, cela a aussi son charme et il sera toujours temps pour vous d’y revenir ou de vous en accommoder.

Petite réflexion pour l’avenir

On en parle de plus en plus pour les jardins potagers, pourquoi ne pourrait-on pas essayer, à l’occasion, de cette création d’adapter la permaculture au jardin d’agrément ?

Mais déjà une petite définition, le principe de la permaculture consiste à imiter les processus naturels en recréant un véritable écosystème dans le jardin. Le but est d’exploiter au mieux les conditions existantes et créer des microbiotopes, limiter les apports extérieurs, recycler tout ce qui est possible d’être recyclé (c’est là où on retrouve l’endroit prévu pour le compostage), favoriser la diversité des végétaux pour éviter les maladies, créer des associations entre eux, introduire des insectes pour la pollinisation, bien sûr, mais pour protéger les rosiers des pucerons par exemple en implantant des coccinelles.

Bref, comme vous pouvez le voir c’est un fabuleux projet de créer un jardin, son jardin, et chacun peut y trouver une multitude d’intérêts. Le jardin est tout comme votre maison, à votre image. Chacun doit en être convaincu quand il y pénètre. Longtemps les jardins étaient considérés uniquement d’un point de vue ornemental, de plus en plus il est le reflet de la personnalité de son concepteur, il est aussi un lieu de convivialité, une extension de votre maison, un lieu où on aime se retrouver en compagnie de ses proches. Ce qui ne veut pas dire qu’il perd sa faculté de lieu paisible dédié au repos et à la méditation. Concevoir son jardin est un peu comme mettre en harmonie tous les éléments qui font votre personnalité. C’est un tout !